Tous les lundis pendant le Béton Frais, on vous parle de notre album coup de cœur du moment : c’est l’Album de la Semaine ! A écouter sur les ondes de Béton la semaine qui suit, puis le mois qui suit, puis l’année, puis … qui sait ?
WESTERMAN Your Hero Is Not Dead
5 Juin 2020 – @Play It Again Sam
Après un 1er EP paru en novembre 2018, l’auteur-compositeur-interprèete londonien Will Westerman signe de son nom son 1er long format : « Your Hero is not dead » sorti le 5 Juin dernier dans une Angleterre encore bien confinée, malgré les déconseille de certains, ravi de pouvoir partager sa musique aux mélomanes en manquent.
On y trouve ici douze titres d’une magnifique folk pop lumineuse et astrale, aux influences psyché, aux sonorités légèrement électroniques, saupoudré de jazz ; et pour ce faire, des guitares acoustiques, des boîtes à rythmes et des claviers en écho.
Des textes qui traitent entre autres de la faillibilité de l’être humain, les batailles intérieures, la douleur morale comme physique (que lui-même expérimente tous les jours du fait d’une maladie chronique dont il est atteint), l’anxiété sur l’avenir de la vie sur Terre, le changement climatique, des zones grises – morales comme politique ou éthique-, de lutte, de libération…
La voix n’est jamais tirée, toujours élevée, elle plane au-dessous des arrangements comme un doux nuage. Et lorsque l’on se noie dans cette douceur, quelque morceaux plus dynamiques sont là pour nous retenir, sans jamais nous énerver.
Douze morceaux qu’il faut absolument écouter sans modération.
“Et puis merde, pourquoi attendre. Le monde est infesté de conneries alors voici quelque chose à écouter pendant qu’on règle la question. On espère que ça vous apportera de la joie. Prenez soin de vous, gardez espoir et merci de donner la chance à deux amis d’être entendus et de faire ce qu’ils aiment.”
C’est sur cette note que vous serez accueillis en découvrant le site de Run The Jewels. La Gueule de bois politique continue pour le duo Killer Mike/EL-P, aussi électrique qu’engagé, qui nous livre RTJ4, leur quatrième album depuis 2013, le second depuis l’ère Trump. Les deux vétérans, super-héros du rap, sortent une fois de plus un brulot : des textes évocateurs, véritable pamphlet auditif, autour du racisme, de l’éducation, de système judiciaire, des brutalités policières, des inégalités socio-économiques, des médias et de la violence. Une ambiance résumée par le brillant MC d’Atlanta Killer Mike dans le titre Walking in the Snow:
« They promise education, but really they give you tests and scores
And they predictin’ prison population by who scoring the lowest
And usually the lowest scores the poorest and they look like me
And every day on evening news they feed you fear for free
And you so numb you watch the cops choke out a man like me
And ’til my voice goes from a shriek to whisper, “I can’t breathe
And you sit there in the house on couch and watch it on TV
The most you give’s a Twitter rant and call it a tragedy”
‘Ils promettent l’éducation mais ne donnent que des tests et des scores Ils prédisent la population carcérale avec les scores le plus bas
Généralement ce sont ceux des plus pauvres qui me ressemblent
Chaque jour, les nouvelles du soir vous abreuvent de peur gratuitement
Comme engourdi, tu regardes les flics étouffer un homme comme moi
Jusqu’à ce que ma voix passe d’un cri à un murmure : ‘I can’t breathe’
Et tu es assis là, à la maison, sur ton canapé, à regarder ça à la télévision
Et le mieux que tu puisses faire est une diatribe sur Twitter, qualifiant cela de tragédie’.
Killer Mike monte encore d’un niveau aussi bien dans son flow que dans son engagement politique, fervent partisan de Bernie Sanders ou encore à travers sa série drôle et provocatrice Trigger Warning with Killer Mike ou le rappeur et activiste entend transformer la société en allant au bout de ses idées révolutionnaires.
Le duo avait annoncé que RTJ4 serait leur meilleur album. Un effet d’annonce que l’expérience nous aura appris à nous méfier. Cet album est une pure perle. Les deux MC sont plus incisifs et sarcastiques que jamais, les prods de EL-P sont lourdes, percutantes, sublimées par le travail dans le studio de Rick Rubin. L’esprit d’un hip hop conscient plus que vaillant, aux sonorités très 90’s, qui auront marqué les deux êtres dans leur construction artistique. En témoigne ce sample extrait de « DWYCK », le morceau des mythiques Gang Starr, pour leur titre « Ooh LA LA ». Rien de plus alors pour la paire que d’inviter DJ Premier et Greg Nice sur ce futur classique, qui incite le peuple à la rébellion pour mettre fin aux institutions du pouvoir et de l’argent roi.
Ils sacralisent l’âge d’or du Hip Hop, mais l’équilibre avec des sonorités plus modernes est toujours savamment dosé, avec des influences plus larges pouvant toucher au punk, rock, trap ou encore electro en compagnie d’invités prestigieux qui se succèdent : 2Chainz, Pharrell Williams, Josh Homme et Mavis Staples, la participation de Zach De La Rocha.
Run The Jewels ne nous aura pas menti : cet album est une réussite, et très certainement le meilleur de leur carrière à présent. Et plus encore, cet album est la B.O parfaite pour changer le monde actuel.
Album disponible gratuitement sur runthejewels.com, avec une possibilité de donation dont les bénéfices seront versés au MDC (Mass Defense Committee) qui est un réseau d’avocats, de juristes et d’étudiants en droit fournissant un soutien juridique aux militants politiques, aux manifestants et aux mouvements pour le changement social.
Version Vinyle: Sept 2020
Run The Jewels RTJ4
04.06.20
Label: Jewel Runners
TRACKLISTING :
01. Yankee And The Brave
02. Ooh La La (feat. Greg Nice & DJ Premier)
03. Out of Sigt (feat. 2 Chainz)
04. Holy Kalamafuck
05. Goonies Vs E.T.
06. Walking In The Snow
07. Just (feat. Pharrell Williams Zach de la Rocha)
08. Never Look Back
09. The Ground Below
10. Pulling The Pin (feat. Mavis Staples & Josh Homme)
11. A Few Words For The Firing Squad (Radiation)
C’est donc l’heure du grand disque, du succès pour Jesse Tabish et ses Other Lives !
Après quatre albums « bien mais sans plus », d’une pop assez convenue entre Radiohead et référence country, le groupe fait table rase de ces morceaux trop pâles et sort l’orchestration lourde, sans timidité. Ça y va à fond dans la recherche du frisson, inspiré par les grands espaces américains, et si ça pourrait tomber dans la parodie de sois même, c’est tellement bien arrangé qu’on ne peut que se laisser prendre au jeu.
« J’ai fait For Their Love avec mon cœur et mes tripes » explique Jesse en interview. Un retour aux sources qui a souhaité se libérer de la musique par ordinateur, et se recentrer sur une vie de groupe en autarcie. Pour la composition et l’enregistrement de ce disque, le trio s’est isolé dans une maison familiale paumée dans la forêt, avec en son cœur un gigantesque salon ouvert sur la nature. Une immersion et une isolation qui se sent dans le côté très cinématographique de cet album. On sent bien que le lieu est le quatrième membre décisif du groupe sur la création de cet album. On le retrouve sur la pochette du disque, et également dans le clip de « Lost Day », directement tourné sur place.
Avec For Their Love,Other Lives abandonne les incursions électroniques de leur successeur afin de retrouver les aspects naturels pour briller au plus haut point. Leur indie folk psychédélique et baroque redevient céleste afin de se rapprocher du spleen digne de The National et de Bon Iver avec des arrangements romanesques qui rappelleront les premiers albums de Balthazar pour relever le tout.
Instrumentation arborescente, vocalises entremêlées entêtantes, architectures complexes et textures luxuriantes, pour des morceaux finalement limpides et mémorables. Un disque de grands sentiments, un disque qui se veut immédiatement accessible, sans autre but que le plaisir immédiat d’une mélancolie doucereuse.
Encore un album de la semaine de copains ? Encore un album de la semaine pour supporter la scène locale ? NON ! Enfin oui, mais non, on va pas cacher qu’on les aime beaucoup, on ne reniera pas non plus (et on le criera à qui veut l’entendre) que c’est un groupe bien de chez nous ! Mais ils auraient été de La Bourboule il serait quand même là dans cette chronique.
Les Verbal Razors, c’est depuis les débuts que l’on peut les écouter sur Béton, depuis 2009 et la sortie de leur EP « Settling the score« , qui crachait déjà leur amour du trash-crossover-pied-dans-ta-gueule à la face du monde. Et un excellent album sorti en 2016 « Misleading Innocence », avec mon morceau préféré parmi tous, No Escape, avec basse destructrice, solo qui devrait être dans guitare hero et break insane !
Comment le quatuor allait-il continuer après ce génie de disque ? Et surtout avec un changement de line-up, est-ce que le groupe continuerait à garder cette énergie qui nous transporte ?
Et bien ouais, pari réussi avec « By Thunder and Lightning » ! (comment a-t-on pu douter?)
Sortie écoutée en catimini bien avant la sortie, il a été difficile d’attendre de pouvoir vous diffuser ce 3e album. Chaque titre écrasant le suivant :
« oh mais cette intro! »
« non mais ce titre : 2’30 de kiff, c’est lui mon préféré »
« ha non attend, je crois que c’est lui en fait, t’entend cette guitare démentielle! »
Dans cet album, on trouve tout ce pourquoi on aime Verbal : du thrash qui va vite, du thrash qui joue fort, du thrash qui headbang, avec la voix possédée de Simon (chanteur), le côté Punk Hardcore apporté par Antoine (nouveau batteur – Heavy Heart), les riffs bien hargneux de Degreff (guitariste), et Vincent (bassiste) qui ne manque pas de jouer aussi vite que les autres ! Tout dans l’efficacité, pas de place pour du mid-tempo, Verbals vous crache dans la gueule à chaque titre !
Une sortie d’album qui se fait toujours chez les copains tourangeaux de chez Dirty Guys Rock et d’autres (Deadlight, Metro Beach, Emergence, Crapoulet, Inhumano, Firecum, Crustatombe.)
Et évidement, go check aussi la magnifique illustration qui sert de jaquette à ce nouvel album, une beauté de graphisme by Jérôme Brizard (14-18…), les couleurs étant assurées par le guitariste, Degreff.
Le voilà enfin, le deuxième EP du duo Tourangeau qui nous fait frissonner depuis plus de trois ans lors de la sortie assez confidentielle à l’époque de leur tout premier EP fin 2016. On sent que le groupe a commencé a trouver un équilibre dans son fonctionnement, aussi bien entre eux que dans la maitrise de leurs instruments. Ce nouvel EP sonne donc beaucoup plus puissamment, et dessert encore mieux l’univers froid et tendu du duo.
Musicalement, c’est assez minimaliste. Si sur certain arrangement, on retrouve parfois une batterie, une guitare ou un piano, la plupart du temps ça se réduit au minimum : guitare, violon, voix. Et c’est ce minimalisme qui touche juste, beau jusque dans ses silences et ses saturations. La guitare qui donne autant envie de planer, de rêver, de crier. Les boucles de cordes du violon, parfois utilisées comme une guitare rythmique, font naître des cadences invisibles sur les morceaux. Enfin la voix comme un feulement grave enveloppe, et parfois s’enraille, se violente d’émotion et de rage contenue.
Car si la musique est belle, la réalité de Grande n’est pas idyllique. Un répertoire délicat et beau, qui dissimule un discours engagé, militant. L’EP est construit autour d’un monde imaginaire, où un géant d’argile arpente la terre à la recherche des larmes des gens. Pour vivre des émotions, les gens sont obligés de se cacher, mais le géant a à sa botte une armée pour venir chercher et persécuter les habitants.
Grande a des choses à dire sur disque et porte ses convictions dans l’être même du projet. On pense à « Yellow Saturday » qui parle des Gilets jaunes, de ces gens invisibles qui se sont structurés pour réclamer une meilleure vie et une justice sociale, au risque d’y perdre des mains, des yeux, la vie. On pense à « La Petite Sirène », le célèbre comte d’Andersen, dont on passe souvent à côté de la double lecture (pas mal édulcorée par la version Walt Disney) réelle de cette histoire. La transformation d’Ariel, qui souhaite perdre sa queue et s’humaniser, au sacrifice de sa voix, en fait l’un des premiers contes queer de l’histoire. Andersen était homosexuel et il a par ce récit métaphorisé son désir de séduire son mécène en se métamorphosant.
Grande est fondamentalement un projet queer / transgenre / lesbien. Mais sans en faire un porte drapeau dans leur musique, le duo livre sa sensibilité, sa réflexion et ses questionnements sur leur identité ainsi que sur la société qui nous entoure d’une manière subtile et juste. Voilà encore un groupe dont on peut être fier en Touraine, et qui on l’espère, emmènera jusqu’à loin sa poésie militante.
Ça aurait pu être un retour fracassant de l’album de la semaine avec un double album de la semaine, mais la rappeuse new-yorkaise a décidé de pas en faire un double album, mais bien deux albums séparés. J’ai donc du choisir et ce sera « Everything Sucks« .
En effet, le 28 Février dernier, l’excellente Princess Nokia a décidé de montrer de quoi elle était capable via deux disques, qui présentent deux facettes de l’artiste.
Everything Sucks, qui, écrit pendant une semaine cathartique à New York, explose des sonorités sombres et des textes graves et engagés. Dix titres qui crachent entre autre sur l’industrie du hip-hop, celle-là même qui n’a pas cru en elle depuis ses débuts. Bah oui, une femme qui fait du rap, non mais franchement ?! Et le patriarcat dans tout cas ?
« I’m a rapper, not a groupie »
» If you thing you hate me, you gonna hate me more »
Et puis Everything is beautiful, le jumeau de cet album. Lui, beaucoup plus lumineux, coloré et surtout optimiste. Du rap aussi avec des côtés plus pop, voir soul, et enregistré essentiellement avec des instrumentations live.
Un album dit « plus féminin » sur les internets. Et bien que les critiques aillent au diable, Princess Nokia est féminine peu importe le style de ces albums, et à toujours parler de féminité dans ses textes, comme de spiritualité et d’afrocentrisme.
Deux albums jumeaux, comme une ôde à la dualité des Gémeaux, dont elle fait partie (née un 14 Juin), avec un titre éponyme « Gemini » sur Everything is beautiful.
Des albums a écouter séparément, mais sans oublier que l’autre existe et que c’est une artiste brillante qui est à l’origine de chacun : Princess Nokia.
Pour certains, le choix du meilleur disque est difficile, ou diront nous qu’ils sont trop différents pour pouvoir choisir (difficile de comparer en somme). De mon côté, j’ai choisi : Everything sucks. Parce que l’univers sombre qu’elle amène ici est parfaitement en adéquation avec mes colères contre ce monde en ce moment, et que j’ai bien envie de crier avec elle, de me lever et de me barrer !
Bishop Biggs, le girl power en W : Vicieux et Vulnérable
Il y a à peine plus de deux semaines, sortait, toujours sur le label Island Records, le deuxième projet de l’artiste londonienne Bishop Briggs.
Un album prénommé « CHAMPION« , qui reflète parfaitement le message qui se cache derrière ce petit bijoux : affirmer sa force au travers de sa vulnérabilité, comme on peut l’entendre sur le titre éponyme « Champion » diffusé en single : ‘Thought I was weak, but baby I’m strong/little did I know/I’m a champion’.
Sarah Grace McLaughlin, née à Londres d’une famille écossaise, prend son nom de sa ville d’enfance Bishopbriggs. La tendre origine de ce nom donne une preview du travail de l’artiste: des thèmes candide et touchants posés sur des tracks de pop alternative, relevés avec une certaine sauce trap.
Après avoir grandis à Tokyo, puis Hong Kong, l’artiste a appris à écrire ses propres chansons à l’âge de 7 ans, en se basant sur les influences de ses parents, allant de Aretha Franklin à Led Zeppelin. Toutes ses influences font d’elle une artiste internationale et ouverte au monde entier (bien qu’aucune distribution de son album en France ne soit prévue pour l’instant), mais font aussi de son album un projet difficilement classable.
Le titre d’ouverture « I Still Love You » commence avec un piano déformé et flippant, rejoint par un beat bien trap et débouche sur les impressionnantes vocales aux inspirations soul de Bishop Briggs.
« Jekyll & Hide« , sûrement le son de plus lourd de l’album et un patchwork d’influences différentes: le morceau s’ouvre avec un orgue, puis une instru gothique-industrielle accompagne un chant féerique à propos d’un partenaire aux humeurs bien changeantes comme le personnage du Docteur Jekyll / Mister Hide.
Sur l’album « CHAMPION« , elle commence à cimenter ce qui risque de devenir son style musical signature: des envolées lyriques impressionnantes, associées avec des paroles vulnérables et vicieuses. En gros : se mettre à nu, mais refuser de se laisser descendre.
A seulement 27 ans, Briggs à déjà une carrière impressionnante derrière elle, mais elle est loin d’avoir fini. Adoubée par de nombreux artistes du monde du rock, en tête d’affiche de grands festivals, et à la tête de ses propres world tour, elle n’a pas l’intention de s’arrêter là. Prêts pour les prochaines tempêtes?
Dans quelques petits jours, le duo Londonnien de Too Many T’s sortira son 2e album, La Fam Ill, et c’est déjà un album de la semaine sur les ondes de Béton !
Les Too Many T’s vous en avez déjà entendu parler, car leur 1er disque avait déjà bien tourné sur le 93.6 FM et qu’ils ont été invités dans le cadre du Festival Aucard de Tours en 2018, à la Guinguette de Tours !
Le duo hip-hop revient donc et pas tout seul ! Sur cet album on trouve du très très beau monde : ASM (dont le dernier album est rentré la semaine dernière !), La Fine Equipe (dont on a aussi rentré le dernier disque il y a peu), Hippocampe Fou, ProleteR, Smokey Joe & The Kid, Yoshi, Chinese Man, et les tourangeaux de Atili et Chill Bump, BOUM ! Et ouais, ils en connaissent eux aussi des copains, leur fam-ille de MC et de beatmakers qui apportent sur ce hip-hop et selon chaque morceaux et feats des ambiances entre Reggae, Rap, Funk, Rock, Jazz, …
Une bonne galette qui sent bon la complicité et avec laquelle on entre à pied joint dans le groove hip-hop du duo avec le titre d’ouverture Show Tonight avec ASM en featuring, suivi du feel-good Freaky, déjà sorti et clipé il y a quelque jours et qui nous révèle encore une fois l’affiliation qu’on leur attribue aux Beatie Boys :
Un autre titre a aussi eu le droit à une sortie clipée mise en avant, c’est le featuring avec ProleteR, une ôde à la ville d’origine des Too Many T’s : Londres.
Un album sans aucune fausse note, à écouter d’urgence pour se réconforter après la rude arrivée de l’automne.
Derrière ce nom de fin du monde se cache un trio des Landes biberonné à la scène Anglaise des 80’s & 90’s façon Joy Division ou My Bloody Valentine. Rien de bien neuf sous le soleil pour l’instant tellement la vague revival post punk / new wave qui déferle depuis bien 6 ans maintenant commence à sentir le sapin à force d’usure. C’était sans compter la capacité du trio à aussi insuffler un noïse bien violent à la METZ, arrivant ainsi à titiller nos oreilles parfois fatiguées grâce notamment à une base rythmique à couper le souffle. On se retrouve emporté par une tension de violence mélancolique tout au long du disque, avec quelques chefs d’œuvres à forte capacité de frissonnement dès la première écoute (Coffin For Two) ou de cassage de brique (Where Is My Cake ?). Il n’y a littéralement aucune baisse de régime tout au long des 8 titres de ce disque, porté par ces deux piliers parfaits que sont Coffin For Two et Where Is My Cake ?.
Un disque qu’on espérait plus vraiment sur la scène Française (surtout depuis la déception du dernier Frustration). Les nouveaux venus de This Will Destroy Your Ears, pourtant formés en 2017 mais très discret jusque-là, font donc figure de très belle surprise pour le rock Français indé de cette fin d’année. Pas étonnant qu’un des gars de J.C Satan soit venu aider à l’enregistrement de ce premier disque, et qu’ils aient façonné leur son en partageant la scène en Angleterre avec des gars comme Black Midi ou USA Nails. On espère à Béton qu’ils auront le succès mérité après la sortie d’un si bon premier album !